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La semaine de la poésie avec les CE2

 

Dans le grenier de ma grand mère
 
Ma grand-mère a un grenier
plein de toiles d’araignée ;
mais dans les coffres de bois
on y trouve des merveilles :
de vieux jouets d’autrefois,
des dentelles des corbeilles, des fourchettes
édentées des guitares, des poupées,
des livres lourds de poussière,
un berceau, une théière
et un très joli pantin
au pantalon de satin…
Mais moi, ce que je préfère
c’est la robe de mariée 
avec ses fleurs d’oranger
Toutes jaunies par le temps.
Qu’elle était belle Grand-mère,
quand elle avait dix-huit ans.
Claude Clément
  Océane
 

LES POULES

Y a des poules qui sont blanches ;
Je les nourris le dimanche.
Y a des poules qui sont noires ;
Je leur conte des histoires.
Y a des poules qui sont brunes
Avec des reflets de lune.
Moi, j’ai de jolis yeux bleus,
Du soleil dans les cheveux
Et je ris comme une prune
Que balance un vent joyeux.
On m’appelle « la poulette »
Et c’est moi la plus douillette,
Gaie comme une bergerette.
Oui, c’est moi, en rouge, en bleu,
Que ma mère aime le mieux.

Maurice Carême
 Le mât de cocagne

 
 
 
L’automne
Voici l’automne
Et je m’étonne
Que les arbres de mon jardin
Pleurent feuilles soir et matin.
Qu’elles soient marron, jaunes ou rouges,
Au moindre souffle d’air, elles bougent,
Et s’arrachent au premier vent
Qui les emporte méchamment.
Pas la peine d’être aussi belles
Pour ne pas rester éternelles.
Jean Glauzy
dessin de Nathael
Ballade à la lune
C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?
 
Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?

Qui t’avait éborgnée,
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

 Et qu’il vente ou qu’il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
 Alfred de Musset
 
dessin de Sabrine Axel
 
Ryan
 
 
 
Eugène et la chouette
Faire exister ce qui n’existe pas
 
Poussez la porte des mots
et vous entendrez sonner
Les cloches du réel
Du possible, de l’impossible
Qui n’est pas français
Comme chacun sait
Eugène Guillevic
 
Ô jeunesse

Ô jeunesse voici que les noces s’achèvent
Les convives s’en vont des tables du banquet
Les nappes sont tachées de vin et le parquet
Est blanchi par les pas des danseurs et des rêves
Une vague a roulé des roses sur la grève
quelque amant malheureux jeta du haut du quai
Dans la mer en pleurant reliques et bouquets
Et les rois ont mangé la galette et la fève
Midi flambant fait pressentir le crépuscule
Le cimetière est plein d’amis qui se bousculent
que leur sommeil soit calme et leur mort sans rigueur
Mais tant qu’il restera du vin dans les bouteilles
qu’on emplisse mon verre et bouchant mes oreilles
J’écouterai monter l’océan dans mon cœur.
 
Robert Desnos
 

DIFFICILE

Si les poissons pouvaient chanter,
Si les poules pouvaient nager,
Si les souris savaient siffler,
Si les oies pouvaient patiner,
Si les chats savaient raboter,
Je serais certes le premier
De la classe au bout de l’année.
Mais les poissons ne chantent pas,
Mais les poules ne nagent pas,
Mais les souris ne sifflent pas,
Mais les oies ne patinent pas,
Mais les chats ne rabotent pas.
C’est pourquoi je demeure là
A sécher comme un cancrelat
Sur le problème que voilà.

Maurice Carême
Le moulin de papier
 

 
 
Dorian
 
Poème du chat
Quand on est chat on est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant des pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)
Quand on est chat on est pas chien
on ne lèche pas les vilains moches
parce qu’ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d’amour pour son prochain
(quand on est chat, on est pas chien)
On passe l’hiver sur le radiateur
à se chauffer doucement la fourrure
au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les sales oiseaux
On est celui qui s’en va tout seul
et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat).
 
Jacques Roubaud
 
Vanessa
 
Locataires 
J’ai dans mon cartable
(C’est épouvantable !)
Un alligator
Qui s’appelle Hector

J’ai dans ma valise
(Ça me terrorise !)
Un éléphant blanc
Du nom de Roland

J’ai dans mon armoire
(Mon dieu quelle histoire ! )
Un diplodocus
Nommé Spartacus

Mais pour moi le pire,
C’est sous mon chapeau
D’avoir un vampire
Logé sous ma peau.
 
Jean Luc MOREAU
 
  
Sandry                           Lily
 
 
 
Valse dingue
J’ai composé pour toi
Une valse comme ça
Que jamais ne chantera personne
J’ai voulu qu’il ait
A boire et à manger
Dans ma valse et voilà
Le résultat :

Une valse en forme de chaise
A repriser des bas
Une valse en forme de fraise
Qu’on mange avec ses doigts
Une valse avec des écailles
Comme un petit poisson
Une valse pour les volailles
Et pour les saucissons
Une valse en bois des îles une valse en fil à fil
Une valse à aiguiser les vieux couteaux rouillés
Une valse en peau d’anchois une valse en pâté de foie
Allons chanter dans les bois
Une valse épaisse et solide
Pour construire une maison
Une valse à faire un beau bise
Et en toute saison

Je me suis aperçu
Que ma valse tordue
Ne t’avait pas rendu hommage
Et j’ai aussitôt fait
Un très joli couplet
Pour célébrer ma mie
Et le voici :

Une valse en forme d’endive
Comme tes grands yeux bleus
Une valse longue et furtive
Pour pleurer tous les deux
Une valse en forme de chèvre
Roulons-nous dans les prés
Prête-moi vite tes lèvres
Oui, je te les rendrai
Viens je te donnerai mon petit coeur de poulet
Nous valserons jusqu’au jour sans nous arrêter
La valse des dingos sur le pont d’un cargo
De gigots pour Santiago
Une valse tendre et subtile
Tout comme toi-z-et moi
Ah que la vie est facile
Quand je suis dans tes bras...
Boris Vian 
 
CE QUI EST COMIQUE

Savez-vous ce qui est comique ?
Une oie qui joue de la musique,
Un pou qui parle du Mexique,
Un bœuf retournant l’as de pique,
Un clown qui n’est pas dans un cirque,
Un âne chantant un cantique,
Un loir champion olympique.
Mais ce qui est le plus comique,
C’est d’entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

 Maurice Carême
 La lanterne magique
 

 

 
 
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
turelure
Ca sentait les abeilles
Ca sentait les groseilles
Ca sentait le soleil
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
Puis je l’ai sucé
Comme on suce les joues de bonne grand-maman
Qui n’a plus mal aux dents
Et qui parle de fées...
Puis je l’ai sucé
Sucé
Mais tellement sucé
Que je l’ai avalé.

 
René de Obaldia


La Cigale et la Fourmi
 
La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant
Jean de la Fontaine
 
Pauline
 
Bouquet
Trois pensées trois coquelicots trois soucis
Trois soucis trois roses trois œillets
Les trois roses pour mon amie
Les trois oeillets pour mon ami
Les trois coquelicots pour la petite fille si triste
Les trois pensées pour mon ami
Les trois soucis pour moi.
Robert Desnos
 
La vie, c’est comme une dent
La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie
Boris Vian
 
 
Sous la pluie 

Il tombe de l’eau, plic ! ploc ! plac !
Il tombe de l’eau plein mon sac.
Il pleut, ça mouille,
Et pas du vin !
Quel temps divin
Pour la grenouille !
Il tombe de l’eau, plic ! ploc ! plac !
Il tombe de l’eau plein mon sac.
Après la pluie
Viendra le vent
En arrivant
Il vous essuie.
Il tombe de l’eau, plic ! ploc ! plac !
Il tombe de l’eau plein mon sac.
 
Jean Richepin


 


 
Théo Inès
Souffle
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit,
Les morts ne sont pas sous la terre
Ils sont dans l’arbre qui frémit,
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l’eau qui coule,
Ils sont dans la case, ils sont dans la foule
Les morts ne sont pas morts.
 
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.
Le souffle des ancêtres morts
Qui ne sont pas partis,
Qui ne sont pas sous terre,
Qui ne sont pas morts.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
Ils sont dans le sein de la femme,
Ils sont dans l’enfant qui vagit,
Et dans le tison qui s’enflamme.
Les morts ne sont pas sous la terre,
Ils sont dans le feu qui s’éteint,
Ils sont dans le rocher qui geint,
Ils sont dans les herbes qui pleurent,
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
Les morts ne sont pas morts.
 
 
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Endents la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.
Il redit chaque jour le pacte,
Le grand pacte qui lie,
Qui lie à la loi notre sort ;
Aux actes des souffles plus forts
Le sort de nos morts qui ne sont pas morts ;
Le lourd pacte qui nous lie à la vie,
La lourde loi qui nous lie aux actes
Des souffles qui se meurent.
Dans le lit et sur les rives du fleuve,
Des souffles qui se meuvent
Dans le rocher qui geint et dans l’herbe qui pleure.
Des souffles qui demeurent
Dans l’ombre qui s’éclaire ou s’épaissit,
Dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,
Et dans l’eau qui coule et dans l’eau qui dort,
Des souffles plus forts, qui ont prise
Le souffle des morts qui ne sont pas morts,
Des morts qui ne sont pas partis,
Des morts qui ne sont plus sous terre.
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres....
 
Birago Diop
 
 
 
Je conjugue le verbe hippopotamer au futur
 
J’ hippopotamerai
Tu hippopotameras
Il ou elle hippopotamera
Nous hippopotamerons
Vous hippopotamerez
Ils ou elles hippopotameront
 
Et maintenant au plus que futur
 
J’ hippopotamerairai
Tu hippopotameraras
Il ou elle hippopotamerara
Nous hippopotameronrons
Vous hippopotamerérez
Ils ou elles hippopotameronront
 
Dur, dur le plus que futur
 
Frédéric Seine
 
 
Léa
 
Moi je préfère
 
Moi je préfère
Les vaches à roulettes
Elles sont moins bêtes
Elles sont moins bêtes
que les taureaux à gros sabots.
 
Moi je préfère
Les chèvres à trottinette
Elles sont moins bêtes
Elles sont moins bêtes
que les vieux boucs
 à grosses lunettes.
 
Frédéric Seine

 

Annah


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